TANGO ARGENTIN


Premier rendez vous de la saison 2018/2019.

Le Tango Argentin vendredi 28 Septembre 2018 à 20h30.
Petit théâtre Espace Jean Vilar Aiffres.



Rapport moral AG 2018.

RAPPORT MORAL
Assemblée Générale - Jeudi 14 Juin 2018

          Cher(e)s ami(e)s.
          Je souhaitais partager avec vous quelques réflexions assurant un lien entre université dite populaire et éducation populaire, avec l'espoir que ces réflexions vous fassent réagir. Vous me permettrez d'intégrer mon propos sous forme de différentes interventions au rapport d'activités de notre secrétaire. Cette formule a l'avantage de vous faire faire partager un rapport à deux voix propice à de nombreuses questions.

1ere intervention.
          Que voudrais-je vous rappeler ?
         J'attirerais votre attention sur le fait qu'il ne s'agit pas pour nous de faire des cours d'histoire, de géopolitique ou de littérature.
L'essence d'une université populaire est d'irriguer une fonction éducative qui nécessite d'intégrer la différence qu'il y a entre instruire et éduquer. Si l'un consiste à transmettre des connaissances appartenant au patrimoine de l'humanité, l'autre consiste à ce que chacun ait les moyens de construire ses outils de lecture du monde.
          La philosophie qui sous-tend l'Éducation Populaire repose précisément sur l'idée que chacun a un savoir et une expérience à partager avec les autres. Le pari de l'éducation populaire repose sur un ensemble de techniques, de pratiques éducatives permettant à un individu de prendre conscience de sa place dans la société et de produire une analyse critique de cette dernière.
         Ces techniques visent également à la promotion des individus en luttant contre les phénomènes de reproduction sociale. Nous portons là un projet visant à l'émancipation de la condition de tout individu.
         C'est Culture et Liberté qui scandait que l'Éducation Populaire est bien une logique d'acteurs et de transformations.

2eme intervention
     Jean Bourrieau, militant chevronné de l'Éducation Populaire, se demandait comment redonner confiance aux gens pour qu'ils prennent leurs responsabilités, Jean Marc Roirant, secrétaire général de la Ligue de l'Enseignement, formule le souhait de donner de l'appétit au citoyen. Comme Dan Ferrand Bechmann, universitaire à Paris 8, insiste sur le fait d'essayer de redonner du pouvoir à ceux qui n'ont pas le pouvoir d'agir. Quant à Alain Touraine il souligne que l'Education Populaire devrait garder sa part de conflictualité et d'autonomie pour favoriser une politique du sujet.

Cela nous amène à nous poser cette question : comment apporter du langage à des gens qui sont privés de langage ?



          Notre Université Populaire ne devrait-elle-elle pas être marquée par une approche plus politique de l'Éducation Populaire ? Ne faut-il pas en ce sens traduire sa vocation essentielle, faire en sorte que la parole de ceux qui ne savent pas parler puisse s'exprimer !!!



3eme intervention

          La formation du citoyen rend les gens acteurs de leur vie et leur permet d'avoir une image valorisante d'eux-mêmes.


         Cet objectif nous impose de considérer la construction et l'appropriation des savoirs au travers d'une dimension globale à la fois sociale, culturelle et politique plutôt qu'à l'aune de l'unique transmission des savoirs constitués.


      La volonté d'augmenter les capacités d'expression et d'intervention de chaque homme sur son milieu quotidien, par une dynamique culturelle qui utilise les connaissances acquises, impose d'après Pierre Henri Chombart de Lauwe plusieurs corollaires :

- le premier, c'est le développement de la pensée critique,
- le second, c'est la résistance aux stéréotypes et à tout endoctrinement,
- le troisième, c'est l'invention de nouvelles médiations qui s'appuient sur le potentiel de chacun, le renforcement du lien social, la promotion du vivre et agir ensemble. Nos actions au CSC du Parc, à celui des Chemins Blancs et aujourd'hui au Clou-Bouchet sont au cœur du sujet, la dimension collective des projets est exemplaire. Le sociologue Lapeyronie encourage les gens qui font de l'Education Populaire à penser politiquement leurs méthodes d'intervention.


       Cet engagement implique également de donner des repérages car comme l'a dit Castoriadis, nous sommes de plus en plus confrontés dans notre société à la montée de l'insignifiance.


         La construction collective des savoirs nous impose :

- d'agir avec les habitants plutôt que pour eux,
- d'agir prioritairement dans les milieux populaires (s'agit-il des publics socialement défavorisés ? s'agit-il des composantes de la nouvelle classe ouvrière, celle des services, des petits boulots, des CDD, de la main d'oeuvre non qualifiée ? s'agit -il des exclus, des laissés pour compte ? Ou tout simplement s'agit-il du plus grand nombre ? ...)
- d'agir pour l'apprentissage de la citoyenneté
- d'agir pour favoriser l'émergence d'une culture commune.



4eme intervention



         Ceci dit, il nous faut être réaliste. Si vous dites « Éducation Populaire », vous supposez déjà, a priori, qu'il y a une division entre les gens qui savent et ceux qui ne savent pas. Or l' Éducation Populaire a toujours été l'apanage des catégories moyennes qui monopolisent l'espace public. Quelle est donc notre légitimité à imposer des normes institutionnelles ?



          Soyons prudents avec les incantations au « populaire ». Combien de politiques faites au nom du populaire n'ont fait que renforcer le poids des élites ? L' Education Populaire ne s'est-elle pas bâtie sur les cendres de la culture populaire ?

Heureusement beaucoup de personnes peuvent sans cursus, sans accompagnement, participer d'une démarche d'éducation populaire, sans s'en revendiquer aucunement.
         Le concept d'empowerment qui vise à donner du pouvoir aux habitants face aux politiques publiques très jacobines et au scepticisme des habitants peu engagés dans la vie publique se heurte néanmoins à des classes populaires peu réceptives à cette forme de démocratie participative d'autant que ces populations veulent s'affranchir d'une gestion sociale et politique sous contrôle qui perdure au travers de notre démarche.


    Face à cette situation, les relations extérieures et les démarches partenariales nous assurent de développer du lien social, de tenir compte de certaines attentes, d'être à l'écoute, d'envisager des réponses co- construites.


         Sur l'ensemble de l'année 2017, nous avons mené quatorze partenariats et autant d'actions, multiples conférences, débats, cycles de formation... au sein desquels nous avons accueilli plus de 560 auditeurs en accès libre.

Je vous encourage à garder cet équilibre qui nous permet d'attirer un public particulièrement hétérogène. Nos interrogations s'expriment également au sein du groupe de pilotage, outil pertinant aux débats vivants et parfois contradictoires, mais où se consolide notre démarche.


5ème intervention, conclusion


         A la fin des propos de Christine que je voudrais remercier, il me revient de conclure.

       Vous en conviendrez, il y a urgence à réaffirmer les valeurs de solidarité, de dignité, de respect mutuel. Il nous faut aussi, au-delà d'un travail d'émancipation comme le rappelle Jean-Marc Mignon, tisser du lien social.


        Mais nous devons raison garder ; si notre démarche est politique au sens non partisan du terme, nous devons avoir constamment à l'esprit que nous portons tout d'abord un concept « l'Education Populaire » dont le moteur essentielle est l'utopie. Utopie d'une société fraternelle où chacun pourrait partager ses compétences et son savoir. Utopie d'une éducation entre pairs qui transformerait les relations au sein de la collectivité.

    Adoptons la prudence de Jacky Beillerot, professeur en sciences économiques à l'Université de Nanterre, qui, très réaliste, pointe que l'auto- éducation individuelle est rare et celle des masses quasi inexistante.
     L'équation est-elle irréalisable? Ne perdons pas espoir, c'est l'appropriation des connaissances, des savoirs, la fréquentation des œuvres qui nous fait aller vers d'avantage d'humanité.


          J'emprunterai à Georges Deherme le fondateur de la « Coopération des Idées» 1ère université populaire cette belle phrase à l'écriture un peu surannée :

        « L'oeuvre essentielle qui nous sollicite n'est pas de répéter des formules et de les déposer dans les cerveaux comme les graine stériles d'un chapelet. Elle est d'éclairer les consciences et d'y semer toutes les idées. Bien plus qu'aux livres, aux discours, aux systèmes, il faut croire à la beauté, à la fécondité de l'esprit qui anime la vie vraie ».


          L'UPN a un bel avenir devant elle !!! Votre engagement en en son sein y contribue,  je vous en remercie.

Pierre Endeweld
Président de l'UPN
14 Juin 2018

CA 2018, PV & rapport d'activités.

Suite à sa dernière assemblée générale ont été élus au Conseil d'administration de l'UPN
Christine Bonnin , Dominique Dupuy, Philippe Durand, Pierre Endeweld, Dominique Gallo, Philippe Guillemoteau, Olivier Poussard, Tony Rimbault, Christophe Théveniau, Lionel Vinour .
Le nouveau Conseil d'Administration en date du 2 Juillet 2018, a désigné son bureau:
Pierre Endeweld, président
Christine Bonnin, secrétaire
Tony Rimbault, secrétaire adjoint délégué au numérique
Dominique Dupuy, trésorière
Philippe Guillemoteau, trésorier adjoint.

La feuille de route de la nouvelle équipe est conséquente , lancement d'un dépliant de rentrée, calendrier 2018-2019, mise en place d'un blog renouvelé, lancement d'une campagne d'inscriptions, animation du groupe de pilotage...

Rejoignez nous !!!

PV AG 2018 et rapport d'activités